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Katarn ImladrissElfe Sauvageavatar
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Messages : 48
Date d'inscription : 15/05/2010
Age : 27
Localisation : Lyon

Feuille de personnage
Armes:
Statistiques:
Âge du personnage: 127 ans
MessageKatarn ImladrissDim 12 Déc - 0:42

IMLADRISS
Katarn













~Votre Personnage~

¤Nom de famille : Imladriss
¤Prénom : Katarn
¤Age :127 ans
¤Sexe : Masculin
¤Alignement: Chaotique bon
¤Espèce : Elfe sauvage
¤Nation : Rang’shada, les contrés oubliées
¤Métier : Souverain
¤Talents/aptitudes/défauts :Les capacités de Katarn sont le reflet même de sa personnalité. En effet cet elfe peut, en une seconde, vous faire passer de l'amusement à l'énervement et de l'admiration à l'exaspération. Cette aptitude à vous donner le sourire ou à vous le faire perdre à ses dépend, Katarn en a fait sa marque de fabrique. A vous de voir si son esprit vous amuse ou vous désespère totalement.

Que dire de ses défauts ? Ils sont multiples, une liste longue comme le bras, si tenté que quelqu'un ai eu le courage de les répertorier. La plupart du temps le jeune roi est totalement désintéressé du monde qui l'entoure. Il arbore un air las, blasé qui vous en glacerait d'effrois. Une tête de mule de premier ordre. Malgré son air libéré, il est très renfermé et secret sur ses pensées profondes. Malheureusement pour beaucoup, il a hérité de son peuple un sang chaud et une très rapide irritabilité. Gare à celui qui le met en colère. Il en faut peu pour l'énerver, quand on sait où attaquer, mais ne vous trouvez pas sur la route de l'elfe enragé, peut-être comprendrez-vous alors, pourquoi il est le digne représentant des sauvages.

Ses qualités sont par certains cotés, le miroir de ses défauts. Sa force et sa constitution étant moindre, il y pallie par sa dextérité et son agilité. Point besoin d'être fort ou de bien encaisser les coups si l'on peut les esquiver et savoir où et quand frapper.


¤Arme de prédilection :Avant toute chose, Katarn comme chaque membre de son peuple a été entraîné depuis sa plus tendre enfance à être un guerrier. Son corps est son arme la plus dangereuse. Sinon, son arme de prédilection est le coutelas en os qu'il porte à la ceinture. Assez petit et maniable, il est parfait pour quelqu'un dont l'agilité et la dextérité sont ses points forts. Il manie également fort bien toutes sortes de petits projectiles ainsi que l'utilisation d'un arc et il n'est pas en reste à la lance et au bâton.
Néanmoins, ses performances s'arrêtent-la. Il ne connaît absolument rien au maniement de l'épée, de la hache de guerre et autres armes habituellement prisées par les combattants. Sa frêle constitution le ferait se fatiguer trop vite avec des armes de ce poids et ses coups, moins précis, pourraient s'avérer dangereux pour sa survit. Et c'est en cela que réside tout le talent combatif des sauvages. Se battre pour survivre.

~Statistiques~

¤Force : 35
¤Dextérité : 55
¤Constitution : 12
¤Intelligence : 30
¤Charisme : 27
¤Capacité d'invocation : 60
~Apparence et Mental~

-Iris :Très bleu entouré d’un fin cercle noir.
-Peau :bistre
-chevelure : blanche
-Taille : 1m82

¤Physique : Katarn est un elfe dont le physique est facilement repérable. Tout comme son père et son oncle, il vint au monde dans un corps neuf fragile et à la peau bistre. Son crane déjà agrémenté d'une petite toison blanche.

Ses cheveux, tout comme lui, ont poussé, ils tombent à présent sur ses épaules. Ornées de trois nattes et attachées avec de fines lamelles de cuir qui lui confère un aspect atypique. Le reste de ses cheveux balayent son front haut et ombrage ses yeux d'un bleu limpide, un visage aux traits énergiques et à la bouche sérieuse. Il y a toutefois de la tendresse dans la courbe de ses lèvres, une douceur qui compense la ligne butée de sa mâchoire. Il est de taille moyenne, mais si bien fait qu'il semble plus grand, les épaules bien droites. De bonnes épaules, larges et fortes. Son torse est lisse et ses muscles fins jouent sous sa peau bistre, où repose un collier fait de trois dents de Sarkhân Ses jambes sont musclées dans la longueur, démontrant l'agilité de sa démarche, habituée à jouer dans les branches.

Comme habit de tous les jours, il porte un simple pagne marron, tenu par une corde épaisse où il peut glisser son coutelas et dont l'étoffe ne recouvre que l'avant et l'arrière, laissant une pleine liberté de mouvement à ses jambes agiles.
Mais lorsqu'il doit assister à un évènement royal, il revêt un pagne plus décent et épais, cousu d'un liserai de fourrure blanche, assorti au grand manteau en peau de loup qu'il pose simplement sur ses épaules pour ne pas choquer, par sa nudité, ses royaux cousins.

¤Signe particulier : Le jeune roi, comme tous membres de son peuple, est tatoué en divers endroits de son corps. Ses tatouages sont plus clairs que sa peau. Le plus grand et plus important se trouve sur toute la largeur de son dos, symbole de son appartenance à la famille royale, il lui fut fait à sa naissance. Un autre ceint son bras droit en un bracelet tribal. C’est le tatouage représentant son totem, son invocation ainsi que son être tout entier. Un troisième entoure son poignet, symbole de sa fougue jeunesse, il fut fait en l’honneur d’un Di Calabra brisé peu après que le tatouage soit totalement cicatrisé. Deux autres tatouages encerclent le haut de ses cuisses montrant son appartenance au peuple sauvage en tant qu’homme. Un dernier, pour le moment, cercle en trois bandes l’une de ses cuisses, souvenir cuisant de sa rencontre avec un snorgule

¤Caractère : Katarn est un être complexe malgré sa façade plutôt insouciante. Il agit la plupart du temps comme quelqu'un cherchant à fuir ses responsabilités. Ses yeux, aussi bleu qu'un ciel d'été, laisse transparaître son esprit empreint de liberté. Il fait partie des plus jeunes rois jamais intronisés et la charge qui lui fut accordée était bien trop grande pour un elfe qui n'avait pas atteint la majorité dans la plupart des autres races elfiques.
Ayant grandi sans mère et avec un père beaucoup trop absent, il est d'un naturel solitaire. Cependant, Katarn s'attache rapidement aux personnes qui l'entourent même s'il sait rarement comment le leur montrer. Affectueux, il agit souvent comme un grand enfant, tantôt joyeux et plein de vie, tantôt terne, fainéant et agressif. Une chose est surtout à retenir chez lui, ne jamais trop l'énerver, dans sa fureur, il est capable de tuer tout être croisant son chemin

~Structure~

¤Histoire :

Prémices :

De la sueur et du sang, toute grande création en exige et celle-ci ne fit pas exception.
C'est dans un cri qu'un être mourut et dans un cri qu'un autre naquit. Puis vint les pleurs, ceux d'une âme qui respire pour la première fois l'air de ce monde qui sera le sien et ceux d'un homme déchiré entre le bonheur d'avoir un fils et la tristesse présente dans chaque parcelle de son corps par la perte irrévocable de celle qui était sa moitié.
Ainsi vint-il à la vie, dans un monde ou la mort fut sa première connaissance, celle qui lui donna un nom.
Après le temps des pleurs, Fanworn se reprit et observa vraiment pour la première fois son fils. Sa peau bronzée contrastait déjà avec ses quelques fins cheveux d'un blanc immaculé, image même de la pureté. Ses grands yeux embués de larmes le regardaient, si semblable à ceux de sa mère, lui renvoyant ce même regard.
Il tenait dans ses mains le corps si faible et si frêle d'un enfant. Une si petite chose sans décence au milieu de la forêt profonde. N'ayant déjà plus de mère pour le protéger et un père trop touché par le chagrin pour y arriver. Dure est la vie et plus long et tortueux encore est son cycle.


Mariage :

Enfant, Katarn avait souffert de l'absence de sa mère, même si d'autres femmes de son entourage avaient essayé de combler ce vide, il n'en reste pas moins dure de ne pas connaitre cet amour que seule une maman peut avoir pour son enfant. Mais de cela, Katarn en avait été privé dès la naissance. Encore était-il un être chanceux puisque lui avait survécu, mais comment l'enfant pouvait-il se voir à ce moment la chanceux ? Il ne connaitrait jamais sa mère et son père, lui, était l'homme le plus occupé du Rang'Shada. Roi de son peuple, il passait peu de temps avec son fils et son regard était toujours empreint de tristesse quand il le voyait. Katarn savait que ce n'était pas sa faute, nombreux étaient ceux qui lui avaient dit que ses yeux étaient le parfait reflet de ceux de sa mère. Ainsi son père voyait toujours en lui l'ombre de celle qu'il avait aimé et c'était cette image, qui se superposait à celle de son fils, qui lui tiraillait le coeur.


Son adolescence n'avait pas été mieux, au contraire. Voulant attirer l'attention de Fanworn, il dépassait volontairement les limites de ce qui lui étaient accordés. L'esprit plein de liberté, il ne s'appliquait que peu dans les domaines écrits qu'il était presque le seul à suivre. Préférant voltiger entre les branches des arbres, on le ramenait souvent à son père, couvert de boue, les cheveux emmêlés de feuilles. Bien que de faible constitution, il appréciait grandement ses activités physiques. Son précepteur, trop content de le voir s'impliquer, l'entraina au maximum. Favorisant l'agilité de son corps aux muscles fins, il en fit un être très rapide et aux instincts remarquables. Le tir à l'arc, le bâton, la fronde, les lancés de petits projectiles lui furent enseignés, mais c'est encore à mains nues ou avec un coutelas que Katarn se débrouilla le mieux. Le reste de son enseignement se passa sans encombre.

A coté de cela, durant ses rares instants de libre, le petit dauphin allait trouver son oncle et sa cousine Ash. Bien que toujours entrain de s'énerver l'un contre l'autre, il appréciait beaucoup cette cousine, il se sentait proche d'elle d'une certaine manière puisque tout deux étaient prédestinés à des futurs qu'ils n'avaient pas choisis. Lui serait roi à la mort de son père, Ash serait Shaman. Des destins différents mais semblables au final. Ils devront y faire face seuls.

Mais sa famille n'était pas sa seule source de distraction. Katarn n'avait jamais eu beaucoup d'amis, cependant il avait découvert au fil des années qu'il n'était pas en reste du coté de la gente féminine. Peut-être était-ce dû au fait qu'il n'avait pas connu sa mère, mais Katarn se mit très vite à rechercher l'attention des belles jeunes filles de son âge, ainsi que leur corps. Très tôt, même chez les sauvages, il se mit à participer discrètement aux nuits des lunes. C'est ainsi que débutèrent ses premières expériences.


Trente ans plus tard, Katarn ne cachait plus ces relations avec les filles de Thumladen, depuis quelques temps déjà, il entretenait une relation avec une certaine Malia. Une belle jeune elfe, tout à fait attirante et qui savait user de son charme lorsqu'elle le voulait. Ses cheveux courts, noir, son air rebelle, ses formes bien proportionnées et son sourire avaient irrémédiablement attiré l'elfe blanc. Leur début d'amitié passa très vite à une relation plus passionnelle. Et dans une folie que seule cet instant de la vie, si jeune et pourtant si près d'être adulte, peut permettre, Katarn et Malia demandèrent à un apprenti tatoueur de leur faire le bracelet du Di Calabra.

Exécuté en toute discrétion, le tatouage ne resta cependant pas caché bien longtemps. Ils avaient enfreint un interdit, nul n'a le droit de se marier avant la majorité, avant de passer l'épreuve. Les jeunes gens passèrent alors sous le regard accusateur du roi, par des propos durs, mais justes, il leur expliqua leur méfait. Tous les privilèges des jeunes de leur âge leur furent retirés et on les obligea à vivre ensemble, comme le symbole du Di Calabra l'entendait et à se procurer par eux-même, les vivres dont ils avaient besoin. Le jeune tatoueur, lui, du quitter sa formation définitivement. Le roi ne le leur avait pas dit, mais cette culpabilité aussi faisait partie de leur punition
.
Tout d'abord, relativement heureux de pouvoir vivre ensemble comme ils l'entendaient, ils s'aperçurent très vite que ces choses la n'étaient pas de leur âge et leur cohabitation devint rapidement un cauchemar.
Quatre mois plus tard, Katarn demanda au maitre tatoueur de briser le Di Calabra puis, ravalant sa fierté, il vint demander pardon à son père et au roi par la même occasion.



Invocation :

Tous les jeunes avaient été réunit près de l'arbre sacré, Katarn en faisait partie. Sa chevelure blanche, tranchant particulièrement avec les feuilles rousses qui se balançaient au gré du vent. La tension était palpable parmi les sauvages. Tous les jeunes de la même génération se tenaient là. Tous savaient que l'épreuve, qui allait avoir lieu très bientôt, ferait d'eux, s'ils la réussissaient, des membres officiels du peuple. Assis autour de l'arbre les jeunes étaient entourés par un cordon de guerrier en tenue traditionnel.

Dans ce lieu plein d'histoire qu'étaient les ruines de l'ancienne capitale du peuple, que l'on nommait maintenant, sauvage. Dans ces dédales de pierres anciennes recouvertes de mousses, des végétaux avaient envahi les couloirs de l'une des grandes citées de l'ancien temps. De nos jours, trop peu de personnes se souvenaient des temps anciens et seuls ces murs rappelaient à ce peuple la grandeur de leurs ancêtres. Dans ce lieu, près de l'arbre roux dont personne ne savait pourquoi il n'arborait jamais d'autres couleurs, un lieu de pierre et de végétaux. Ce mélange troublait les jeunes trop peu habitués au marbre, car bien que caché par la végétation, érodé, cassé et transformé par le temps, ce lieu restait un endroit clos, rocheux où la vie était, au départ, absente des murs.

Katarn venait ici pour la première fois et dévorait les lieux du regard. Son père et ses précepteurs lui en avaient parlé. Le lieu où ses ancêtres avaient gouverné eux-aussi. Comme lui, un jour, mais avec un peuple, des mœurs et des bâtisses totalement différentes. Le jeune homme était assit depuis ce qui lui semblait des heures alors que le soleil, visible à travers le plafond à demi-écroulé, avait à peine bougé. Certains jeunes parlaient entre-eux mais tous évitaient de lui adresser la parole ou de le toucher. Le fils du roi passait l'épreuve, le fils du roi allait faire ses preuves. Katarn n'était plus que ça en ce jour : le fils prodigue, unique du roi qui, comme tous les autres, passerait l'épreuve. Mais dont tous attendaient des exploits et qu'il la réussisse brillamment, quoi qu'elle puisse être.

A mesure que le temps avançait, Katarn devenait plus excité et plus anxieux. Il allait devenir un homme pour son peuple et non plus un enfant. Mais l'invocation réservée aux membres de sa famille n'était pas apparue chez lui. Problème majeur lorsqu'on savait que sa cousine n'en aurait jamais. S'il n'avait pas d'invocation, il ne pourrait pas succéder à son père et devenir roi à son tour. Non pas que le pouvoir l'intéressa, c'était plutôt pour l'honneur de sa famille qu'il craignait. Mais il aurait le temps d'y songer plus tard. Autour de lui des têtes se dressaient, des murmures se faisaient entendre pour disparaître progressivement. Les gardes raffermissaient leur position. Passant sous une arche, son père, le roi des elfes sauvages, entra.

Le silence salua l'arrivée de son père. Respectueux de sa présence en ce jour, personne n'émit plus un bruit. Les yeux du père trouvèrent ceux du fils. Katarn hocha brièvement la tête pour saluer cet échange.



La cérémonie commença. Au-dessus de leurs têtes fut renversé un pollen étrange. Le roi s’était reculé à une bonne mesure d’eux et les gardes s’étaient protégés le visage. Le pollen s’infiltra par les voies respiratoires du garçon, il dégageait une douce et agréable fragrance. Personne ne s’inquiéta de cet étrange rituel jusqu’à ce que plusieurs voix s’élèvent parmi les jeunes. Alors qu’il cherchait à repérer ce qui provoquait autant d’agitation, les bords de sa vision se noircirent petit a petit, sa vue devint flou, l’ambre gagnant du terrain sur lui, puis se fut le noir total. Il avait beau papillonner des paupières, le noir persistant. Une éclipse ? Non, il sentait encore les rayons chauds du soleil sur sa peau. Il était aveugle.

A bras le corps, il retint la panique qui montait en lui au même rythme que les cris de ses voisins se faisaient plus fort et pressant. Soudain la voix puissante du roi couvrit le raffut.

- Tout ceci est normal le pollen est responsable de votre aveuglement et il durera pendant dix jours. Durant ce laps ce temps, vous serez laissé dans la forêt, tous à des endroits différents. Et vous survivrez par vos propres moyens.

- Aveugles ! Dit une voix féminine dans la foule à sa droite.
- Sans aide, nous ne tiendrons pas la semaine ! Prononça une autre voix paniquée plus loin.
- C’est l’épreuve ! Une épreuve de survit pour permettre au peuple de rester fort et uni car tous auront subit la même chose… L’aveuglement permettra de mettre en application tous les savoirs appris. C’est une démonstration de force, de connaissance et de clairvoyance.
La voix de Katarn s’était élevée dans les airs, calme et posé. Le roi souriait à son fils et celui-ci ne le verrait jamais.

- C’est ennuyant ! Et fatiguant ! J’avais prévu des millions de choses et me voilà aveugle et près à être jeté en pleine forêt…J’espère au moins qu’on nous laissera nos armes !
Le sourire du roi disparu, un soupire d’exaspération s’échapper de ses lèvres. Il retrouvait bien là son fils.
- Oui Katarn, vous garderez, tous, une arme de poing et une outre d’eau à moitié pleine. Pour le reste…c’est maintenant que votre voyage commence ! Puissiez-vous rester en vie !
Sur ces dernières phrases, l’esprit de Katarn se mit à se brouiller et il crut entendre son père murmurer alors que sa joue entrait en contact avec le sol de marbre froid.
« Reviens en vie mon fils… »


Les ténèbres l’engloutirent et un terrible mal de tête accueillit son réveil. Quelques instants la panique le prit puis il se souvint, le pollen l’aveuglerait pendant encore dix jours. Son rythme cardiaque s’apaisa. Ne pouvant plus voir, il se rabattit sur ses autres sens.
Il était allongé sur le coté, sur un parterre de mousse. Ses doigts s’enfoncèrent dans la verdure gorgée d’eau et trouvère la terre humide sous elle. La mousse se retirait facilement et par plaque. Elle lui serait utile.

Tout en se relevant, il sentit son coutelas bien accroché à sa ceinture et une outre, lourde, tomber contre sa cuisse. Comme il était étrange de se trouver privé d’un sens aussi essentiel, tous les autres palliaient son absence. Son ouïe percevait le calme de la forêt. Enfin le calme… c’était vite dit. Le bruit du vent qui se prend dans le feuillage, quelques piaillements d’oiseaux qui célèbrent le jour, un petit animal, sûrement un rongeur, qui se balade parmi les feuilles mortes.

Sous ses pieds nus, il sentait la mousse le chatouiller et son corps, encore ruisselant de la rosée du matin, frissonnait. Il sentait la bonne odeur de la terre fraîche qu’il avait retournée, l’odeur de la nature lui emplissait les poumons. Sa bouche était pâteuse, il lui faudrait trouver de l’eau et de quoi se nourrir avant le soir s’il voulait survivre dans la forêt.
Il but à son outre et le précieux liquide se répandit par les commissures de ses lèvres sur son menton. Décidément, vivre sans la vue était une expérience difficile. Avançant prudemment, il trébucha tout de même sur le bout de bois qu’il avait repéré quelques instants plus tôt. Une branche quelque peu tordue, mais assez longue pour lui éviter des obstacles dangereux et un moyen de défense longue porté non négligeable. Armé de son bâton, il partit donc à la recherche d’une source d’eau.



Voilà six jours que l’épreuve avait débuté, plus que quatre et il aurait recouvré la vue et pourrait enfin rejoindre les siens. Durant ce laps de temps il avait pu apprendre à se fier à ses autres sens. Il avait construit un abri relatif sur les branches basses d’un arbre, recouvrant le plancher et le toit de plaque de mousse, de branche d’épineux et de feuilles.
L’eau et la nourriture vinrent principalement des plantes. L’eau par la rosée du matin qu’il faisait filtré à travers les feuilles, puis d’un court d’eau qu’il découvrit à une quarantaine de minute de son camp. La nourriture était principalement composée de fruits, de plantes comestibles et racines facilement discernables à leur odeur ou leur texture, les protéines vinrent surtout des petits poissons qu’il arrivait parfois à attraper à main nue dans la rivière. Ensuite il les faisait cuire au milieu de couches successives de grandes feuilles, de boue et d’une grande écorce placé au-dessus d’un feu, de cette manière le poisson cuisait comme dans un four.

Il avait rencontré peu d’animaux pour le moment, quelques insectes, un ou deux serpents et des rongeurs. A environs une heure et demie en amont du point d’eau, il avait découvert une piste de gibier mais, il avait décidé de ne pas s’en approcher. Qui disait gibiers, disait prédateurs et dans son état il aurait été plus que téméraire de s’approcher de l’un ou l’autre. Cependant, un détail tiraillait Katarn, cela faisait deux jours qu’il se réveillait en sursaut. Un animal rodait dans les parages, gros et qui se mouvait aussi habilement dans les branches qu’au sol. Si cela continuait, il devrait partir et pour aller dans quelle direction, ça il n’en avait pas la moindre idée. Il ne fallait pas qu’il s’éloigne trop du village ou des ruines. Le problème c’est qu’il ne savait même pas où il était par rapport à eux.


La bête était revenue cette nuit là, rodant encore autour de lui. Elle s’était même aventurée à renifler les vestiges de son dernier repas mais cela ne lui avait apparemment pas plus. Pourquoi ne l’avait-elle pas attaqué ? Katarn n’en savait rien et il ne cherchait pas à le savoir. Il n’avait qu’une seule certitude, aujourd’hui, il abandonnerait son camps et remonterai le ruisseau. Tarder ici serait mettre sa vie en danger et cela il n’en était pas question.
Avant de partir, il détruisit le foyer et le recouvrit des branches et de la mousse qui lui avait bien servi jusque là. Il jeta au loin les vestiges de son abri ne gardant que son coutelas et un grand bâton. Adressant une dernière prière aux dieux, il partit.


La pluie commençait à tomber, rendant le terrain boueux et glissant. Il avait marché la majeure partie de la journée, ne s’arrêtant que pour manger et boire. L’eau ruisselait sur son visage, collant les mèches blanches de ses cheveux à son front et sa gorge. Sa peau frissonnait. Son souffle lui parut bouillant sur ses lèvres, cela ne faisait que lui prouver à quel point la nuit allait être froide.

La fatigue se faisait sentir dans son corps. Les muscles le tirait, il avançait de moins en moins vite. Il avait pris conscience que la rivière avait grossit à côté de lui, il s’en méfiait a présent. S’il y tombait, le courant pourrait être traitre. Le bâton au-devant de lui, il tâtait le terrain vérifiant que rien n’entraverai son avancé. Il avait déjà dû faire bon nombre de détour mais, béni soit les dieux, il avait toujours réussit à retrouver les berges de la rivière. Qu’est ce qu’il n’aurait pas donné pour être chez lui, dans sa cahute bien au sec avec…
Tandis qu’il rêvassait son pied vint se prendre dans une racine.


« Haaaa ! Merde ! J’en ai marre ! Par les couilles d’Alcuyinn, que tout ça s’arrête ! J’en peux plus ! Qu’est ce qu… »

Allongé de tout son long dans la boue, la fatigue et l’anxiété eurent raison de son calme et son acceptation. Un bruit dans les broussailles le fit taire. Il se crispa, son pouls s’accéléra dans le creux de sa gorge. Sa main s’approcha doucement du coutelas dans son dos. Le craquement d’une branche face à lui et toujours ce bruit dans les feuilles à sa gauche. Il était cerné, il y en avait deux. Il était en mauvaise posture, la vue était un atout majeur en combat. De plus il était ventre au sol, le bâton avait roulé hors de sa portée en tombant et ses doigts n’atteignaient toujours pas le manche de son coutelas. Il devait être prudent, ses gestes lents. C’était le meilleur moyen de s’en sortir. Malheureusement ses chances étaient quasi nulles à deux contre un.

La créature de gauche sortie des broussailles lentement en grognant. Un Snorgule. Il était un mort en sursit. La bête se rapprocha, ses lourdes pattes faisant trembler le sol et jetant des éclaboussures de boue sur le corps de l’elfe sauvage qui murmura entre ses dents :

« Approche, approche ! »

Ce qu’il fit, poussant un rugissement, le colosse chargea sur Katarn. La main de l’elfe atteignit enfin le manche de son arme et il allait se relever quand la créature encore caché en face de lui le frôla. Les rugissements du Snorgule et de la bête s’entremêlèrent. Les cris montèrent vers le ciel faisant écho au tonnerre qui grondait à présent lui aussi. Leur voix étaient terrifiantes et laissaient Katarn figé. Les tremblements se rapprochaient. Puisant dans le peu de ses ressources, l’elfe roula pour s’éloigner des monstres qui se combattaient. Ne pas voir ce qui se déroulait en cet instant était pire que tout. Que ce passait-il, qui dominait l’autre ? Contre quoi devrait-il se battre en définitive ? Toutes ses questions resteraient sans réponses. Et au fond cela importait-il vraiment de savoir par quelle créature du Rang’Shada il serait dévoré ?

Les rugissements s’atténuèrent et Katarn reconnut le bruit des feuilles et des branches cassées. L’une des créatures s’était enfuit. Il devrait donc affronter le vainqueur. La bête qu’il n’avait, jusque là, pas réussit à identifier fit entendre son cri de victoire. Le cœur de l’elfe rata un battement, son sang se gela dans ses veines. Il s’approchait, de son pas souple, le grand félin blanc dont les longues dents étaient parait-il aussi tranchante qu’un sabre. Le tigre avançait vers sa proie sans que celle-ci ait un quelconque espoir de survit. Katarn se sentait défaillir, ayant réussi à se redresser, il faisait à présent face à l’animal qui prenait un plaisir palpable à dominer son butin. Les fesses au sol, il recula autant qu’il put jusqu’à ce que le souffle du tigre lui balaye le visage. Tremblant, sa respiration se fit erratique, il n’avait même plus la force de soulever son bras armé. La bête grogna, il sentit sa dernière heure arriver et les ténèbres l’emportèrent.


C’était donc ainsi de mourir ? Aussi profondément qu’il recherchait dans sa mémoire, il ne se souvenait pas des dents tranchants sa chair, de ses cris de douleurs, de sa main frappant dans un ultime accès de vie la fourrure tigré de l’animal. Il ne se souvenait pas du sang qui s’écoulait de son corps, de sa peau griffé, déchiré, de ses membres arrachés, de la douleur, de la peur, d’avoir vu la mort en face, du moment où la vie s’étaient écoulées de son corps. Il ne le regrettait pas. Qui voudrait se souvenir d’une mort aussi douloureuse et atroce ? Il regrettait simplement d’être mort dans le noir, sans avoir pu revoir sa forêt, sans avoir vu ce qui l’avait terrassé. La mort, cruelle à sa manière.

Il sentait de fines gouttes sur sa peau, tel le soir de sa mort, comme c’était étrange… avait-il seulement encore une peau ? Etait-il normal qu’il ressente encore des choses ? L’odeur de la pluie chatouillait ses narines, le vent agitait les feuilles des arbres, le soleil réchauffait sa peau.

Soudain Katarn prit conscience de ce qui l’entourait. Il ouvrit les yeux, mais ne vit que les ténèbres, une fois encore. Il n’était pas mort. Ses mains palpèrent son corps, l’endroit où il avait sentit les dents du tigre sur sa peau. Deux fines croutes de sang séché, les entailles étaient plus que superficielles. Il n’était pas mort. Pourquoi ? Pourquoi le tigre l’avait-il laissé en vie alors que son corps lui était servi sur un plateau ? Cette question lui taraudait l’esprit et Katarn avait beau la tourner dans tous les sens, il n’en voyait pas la solution. Peut-être que voir sa proie ne plus réagir à ses cris l’avait dépourvu d’amusement et qu’elle reviendrait lorsqu’il serait bel et bien réveillé. D’ailleurs pourquoi c’était-il évanoui ? La honte le submergea, son honneur était entaché, il avait été faible devant l’ennemi. Plutôt que de l’affronter il s’était endormi telle une bonne femme effarouchée. Heureusement personne avait été la pour voir cela et tant mieux, personne ne devrait le savoir et il ne se permettrait pas d’avoir de nouveau une telle réaction. Il avait d’autres préoccupations bien plus importantes.
Le snorgule et le tigre étaient encore dans les parages, il lui faudrait fuir.



Deux jours passèrent. Plusieurs fois il tomba sur les traces du snorgule et plusieurs fois il dû changer de direction. Il ne s’arrêtait que rarement, mangeant et dormant que le nécessaire. En revanche, il n’avait perçu aucune trace du tigre ailleurs qu’à l’endroit ou les bêtes s’étaient entre-attaquées. Bien que cela ne le rassurai pas outre mesure, il en était plutôt content. Aux vues des restes d’empreinte qu’il avait laissée dans le sol, l’animal était bien plus gros que la moyenne.

La pluie qui tombait drue depuis presque trois jours ce calmait enfin. Entre le feuillage resserré des arbres, Katarn commençait à sentir les rayons du soleil effleurer timidement sa peau. Il n’avait plus aucune idée de l’endroit où il se trouvait, mais il se raccrochait à un espoir : dans quelques jours il recouvrerait la vue et retournerai chez lui en homme.
Ses doigts flétris par l’humidité écartèrent les mèches dégoulinantes de son front quand un rugissement retentit. Le snorgule approchait.

Se campant fermement sur ses jambes, il resserra sa prise sur son bâton taillé. La vue lui avait été enlevée, mais ses autres sens, eux, étaient bien là. L’odeur de la pluie masquait celle de l’animal mais son ouïe percevait sans mal son avancé. Se tournant légèrement, Katarn se mit face à elle. Un long silence s’en suivi. L’eau ruisselait sur son visage, plus un bruit ne résonnait dans la forêt si l’on exceptait celui des gouttes d’eaux sur le sol boueux. Katarn tournait sur lui-même, le souffle court, tout son corps en alerte. Bien qu’imposante cette bête était rusée et elle mettait tout en œuvre pour le déstabiliser.
Enfin il chargea. Dos à son adversaire, l’elfe se jeta sur le côté pour l’esquiver. Déjà sur ses pieds, le bâton bien tendu devant lui, il entendait sa respiration rauque et haineuse.


« Allez viens ! »

Un rugissement pour toute réponse, elle lui fonça dessus. Katarn glissa à nouveau sur le côté, essayant d’embrocher son adversaire. Le bâton rencontra une résistance, mais de courte durée, il ne fit que l’entailler. Cependant, l’élan de la bête lui arracha son arme des mains. Sans attendre, dans un cri de douleur, elle chargea à nouveau. Katarn plongea pour récupérer le bâton, mais le sol boueux le prit en traitre et les griffes acérées du snorgule lui déchirèrent la cuisse. Il serra les dents derrière son cri de douleur, ses mains tâtèrent le sol et récupérèrent son arme, roulant sur le dos, il l’embrocha. Sans attendre il recula, délaissant le bâton dans la chair sanguinolente de l’animal. Tirant de sa ceinture son coutelas, il lui fit face. La bête rugissait de rage et de douleur. Les mains poisseuses de boue, Katarn peinait à avoir une prise sûre. L’animal bondit, l’elfe s’écarta et fut à moitié assommé par son propre bâton. Sans hésiter, il l’enfonça plus profondément dans le grand corps sombre. Puis dans son élan, il abattit son coutelas, le blessant ainsi sur toute la longueur de son corps avant de reculer hors de sa portée.

Leur manège dura encore quelques minutes et alors que le snorgule effectuait un ultime bond, Katarn glissa sous lui et lui trancha l’abdomen. Un dernier rugissement sorti de la gorge de la bête qui s’effondra.
Le souffle cour, le sauvage s’approcha de l’animal agonisant. Parcourant à tâtons son corps, il en retira le bâton meurtrier. Puis s’approcha de sa cage thoracique. Adressant une prière à Rhiannon, il abattit sans l’once d’une hésitation son coutelas dans son cœur.

Soufflant enfin, il tomba à genoux devant la masse sombre qu’il venait de terrasser par il ne savait quel miracle. Sans perdre plus de temps, il s’approcha de la tête de l’animal et découpa l’une de ses nombreuses cornes semblable à du bois, puis il ouvrit pour de bon le thorax du snorgule. Les entrailles encore chaudes de la bête se déversaient. Katarn lutta pour respirer dans cette puanteur. Plongeant ses bras à l’intérieur, il découpa son organe vital et le fourra dans l’une de ses bourses. Des bruits se faisaient entendre dans les fourrés et bien qu’il aurait dû prendre plus de viande sur l’animal, se retrouver de nouveau face à des créatures qui en voudraient à sa peau ne lui disait pas trop. Et une fois encore il prit la fuite sous la pluie qui rinçait son corps du sang et de la boue.

A bout de souffle il s’arrêta à proximité d’un arbre, la gorge le brulait et sa cuisse était poisseuse de sang à demi-séché. Sans attendre il ramassa au pied de l’arbre du bois mort, le plus sec qu’il trouvait, des feuilles, des pierres et fit un feu. Attendant que le cœur du snorgule cuise, il nettoya avec l’eau de son outre sa blessure. Aveugle, se soigner devenait une mission à la limite de l’impossible. Récupérant les liens de cuir de son avant bras droit il les noua sur les plaies encore fraiches, sentir le cuir frotter sur sa chair à vif était loin d’être agréable mais c’était le mieux qu’il pouvait faire dans son état. Le cœur de son adversaire était bien cuit et c’est avec une avidité certaine qu’il le dégusta sans rechigner. La viande était loin d’être celle qu’il préférait mais, elle passait pour un véritable met de luxe et ce genre de protéine était rare, il fit honneur à son plat, à l’adversaire qu’il avait vaincu. Epuisé, il trouva la force de monter dans l’arbre, puis sur une branche assez large il s’endormi d’un sommeil profond et réparateur.

Le réveil fut plus brutal. A peine sorti des brumes du sommeil, un grognement inquiétant provenant de la base du tronc de l’arbre se fit entendre. Un grognement de tigre. Sans plus tarder, Katarn grimpa dans les branchages. Les liens de cuirs meurtrissaient sa peau diminuant nettement son agilité dans cet environnement des plus hostiles pour un elfe aveugle. Le tigre montait, il entendait les branches crisser sous son poids. Heureusement il lui restait un avantage, le tigre deviendrai trop gros là où Katarn pourrait encore monter aisément, s’en suivrait une attente probable entre les deux êtres, à savoir qui aurait la patience la plus longue et là Katarn se savait plutôt instable surtout que l’odeur du sang qu’il perdait encore aiguillonnerait le flair de la bête et pourrait la pousser à agir inconsidérément.
Trouvant sur son passage de jeune branche et fruit à coque de l’arbre, il se mit à viser le tigre tout en escaladant. Nombre de ses projectiles tombèrent à côté mais certains touchèrent leur cible agaçant passablement la montagne de fourrure blanche. Pour une raison qu’il ne comprenait pas, il se sentait de plus en plus affaibli alors qu’il venait tout juste de se réveiller. Alors qu’il se hissait à une nouvelle branche il se sentit partir, forçant sur ses bras pour atteindre la dite position qu’il convoitait, il eut à peine le temps de s’installer de sorte à ne pas tomber avant de sombrer une nouvelle fois dans les ténèbres.

Il se réveilla quelques temps plus tard. L’eau ne tombait plus du ciel. Quelques oiseaux faisaient entendre leur chant et plus rien ne semblait venir d’en dessous de lui, encore une fois le tigre s’était enfuit le laissant pour mort sans plus se préoccuper de lui. Descendant prudemment, Katarn se mit une nouvelle fois à courir, ayant pour seul but de s’éloigner le plus rapidement et le plus loin possible de la bête. A peine l’eut-il fait et pensé que la bête ressurgit derrière lui. Le son de l’eau lui parvenait à sa gauche, une eau tumultueuse, dangereuse et surement sa seule chance de survit. Sans attendre il bifurqua dans sa direction. L’eau était là et il plongea. Le courant l’emporta rapide, l’emprisonnant sous sa carapace liquide, privant tous ses sens de leur logique. Il s’était jeté tête baissée dans un torrent, un torrent qui lui serait fatal s’il ne trouvait pas le moyen d’en sortir.
L’eau tourbillonnait, rapide et déstabilisante, l’eau s’engouffrait par instant dans sa bouche se confondant à l’air. Enfin le torrent le recracha sur une berge boueuse et glissante. Il s’agrippa de toutes ses forces aux mottes d’herbe recrachant l’eau de ses poumons, remontant à la force des bras son corps engourdit de froid. Sans attendre, malgré la fatigue qui le prenait à bras le corps, il s’éloigna de l’eau. S’enfonçant dans la forêt, il trouva un creux dans les racines d’un vieil arbre, il y fit son feu, cassa de nombreuses branches d’épineux, pour s’en faire un matelas. L’abri permettait à la chaleur de ne pas se diffuser trop rapidement. Sans attendre plus longtemps, il s’allongea et s’endormit, sa peau se réchauffant petit à petit.

Les jours qui suivirent se mélangèrent. Sans qu’il ne sut comment, le tigre l’avait retrouvé, le traquant sans relâche. Souvent, sans même s’en rendre compte, au court d’une course il tombait épuisé de fatigue. Puis se relevait pour échapper à la bête qui semblait s’amuser à le pourchasser sans fin. La semaine avait dû s’écouler, peut-être même plus. Depuis combien de temps errait-il maintenant ? Un mal de crane horrible lui martelait la tête. Il aurait déjà du retrouver la vue. Et ces impressions d’engourdissements, ses brumes apparaissant dans son esprit ne lui laissaient aucun répit. Il ne tenait plus que quelques heures à peine avant de s’effondrer face contre sol. Le tigre s’amusait, se jouait de lui et il ne pouvait l’affronter. Aucune de ses ruses n’avaient fonctionnées, il ne mangeait presque plus, le temps lui manquait pour cela, son esprit était sans arrêt sur le qui-vive, chaque bruissement de feuille chaque craquement pouvait être annonciateur du prédateur.


« Pourquoi ne me laisses-tu pas en paix ?!!! »
Un cri provenant du plus profond de son âme, une supplique dénuée de bon sens, de raison et d’honneur.
« Mais parce que je te veux petit elfe, parce qu’ainsi je serai enfin débarrassé de toi, je veux gouter ta chair et ton sang. Fuit tant que tu le peux, mais bientôt je serais ta dernière ombre… »
Tel un murmure répercuté par la forêt entière, ses paroles lui parvinrent. Une voix grave, aux accents félins et féminins. Une voix semblant résonner au plus profond de son être, atteignant de la même manière son ouïe et son cœur. Son esprit vacilla.

Un mal de tête épouvantable l’accueillit au réveil, tel des coups de burins portés sur son pauvre crane. Des lueurs papillonnaient devant ses yeux, elles lui donnaient le tournis. Ajouté à son mal de tête, cela devenait insupportable et il n’en fallut pas plus pour que son estomac se retourne et délaisse son contenu à côté de lui. Il s’en écarta rapidement. Les lueurs voletaient toujours revêtant des couleurs, des textures, puis elles s’immobilisèrent et les ténèbres s’écartèrent, laissant place à un paysage verdoyant sous les rayons du soleil. La lumière lui blessait les yeux déjà perlés de larmes. Riant à perdre haleine, il fixa l’astre du jour, heureux au possible de retrouver enfin ce sens si précieux.

Il passa le reste de la journée à profiter des joies que la vue lui offrait. Trouvant plus facilement de la nourriture et se préoccupant enfin correctement de son hygiène et de ses blessures. Mais c’est le soir venu qu’il comprit que quelque chose clochait. Les étoiles et les lunes lui indiquèrent sa position, très à l’Est, ainsi que le temps écoulé. Et c’est cette information qui l’embêtait le plus. Il se souvenait parfaitement de la dernière nuit qu’il avait passé auprès des siens et de la position des lunes à travers le ciel légèrement nuageux. Mais suivant leurs cycles, voilà déjà 15 jours qui s’étaient écoulés. Au fond 5 jours d’aveuglement supplémentaire n’étaient pas très inquiétants, sauf quand on savait que l’épreuve était réputée pour sa ponctualité.
Katarn avait profité de sa journée mais, il lui faudrait repartir à l’aube le lendemain pour rejoindre son père. Encore une fois, il ferait honte à sa lignée pour son manque de ponctualité…

Comme promit, il s’éveilla à l’aube et parti aussitôt. Les couleurs, les formes, tous les paysages lui avaient manqué. Voir l’eau scintiller sous les rayons du soleil, les nuances de vert dans le feuillage des arbres et le brun sombre et profond de la terre… Toutes ces choses faisaient battre son cœur plus fort.
C’est à cet instant qu’il sentit la menace. S’arrêtant brusquement, ses cheveux blancs volant autour de son visage, il attendit, attentif au moindre bruit, à la moindre réaction, à ce que lui dictait son intuition et ses instincts.
Comme pressentant ce qui allait se passer, Katarn plongea en avant, roulant avant de se relever aussi sec. De justesse, il avait esquivé l’ombre qui s’était abattu sur lui et qui maintenant lui faisait face. Grondant, la queue fouettant l’air, les babines retroussées et les yeux ampli de haine. Il était tel qu’il l’avait imaginé, à l’exception près que même après avoir tâté les traces de ces pas, rien dans son imagination n’avait pût le préparer au choc de sa taille gigantesque. Il mesurait deux fois la taille d’un tigre normal et était par la même occasion deux fois plus imposant, sans compter la taille de ses canines qui étaient au moins de la même longueur que le bras du sauvage. Katarn déglutit. Une tigresse, aussi enragée que s’il menaçait ses petits.


-Tu peux enfin me voir gamin ! Je n’attendais que ça, pour voir la terreur dans ses yeux au moment où je me repaitrai de ton corps.
Le corps de la bête frétillait d’impatience. Ho ça non, il ne doutait absolument pas de ses paroles. Une bête…qui parle…
- Ce n’est pas normal que tu puisses parler, les animaux ne parlent pas. Si tu n’es pas un animal qui es-tu donc ?
Malgré la peur qui lui nouait le ventre, la curiosité chez lui n’avait aucune limite. Surtout quand le moment n’était pas propice à l’assouvir.
- Tu es vraiment aussi idiot que tu en as l’air ? Répliqua-t-elle dépitée.Je suis l’autre partie de toi, ton invocation, ton totem. Je suis la partie forte et intelligente de nous deux et je vais te réduire en morceau pour ne plus jamais avoir affaire à toi.
Un grondement sourd montait de sa poitrine, montrant son impatience.
- Ha ! Tu es… moi ? Mon totem… J’ai vu celui de mon père une fois et il m’a raconté leur histoire. Lui aussi voulait le tuer comme toi pour moi aujourd’hui. Pourtant, il ne l’a pas fait et à présent ils vivent en paix j’ai l’impression.
Sa patience s’envola et le corps de la tigresse bondit sur lui. Katarn tenta tant bien que mal de l’éviter, mais il se cogna violemment contre l’épaule épaisse de la bête. Le choc l’envoya boulé entre les racines sortantes d’un vieil arbre. Tout son corps subissant les assauts du nouvel ennemi.
- Cesse tes bavardages ! Feula le tigre. Et arrête de gigoter, je commence à être lasse de te courir après.
- Laisse-moi te demander une dernière chose. Haleta-t-il en se relevant. Essuyant négligemment le sang qui coulait de sa lèvre éclatée. Pourquoi tu n’as pas laissé le snorgule me tuer dans ce cas ? Tu n’es pas venu lorsque j’ai mis fin à sa vie mais ce n’était pas seulement parce que j’étais trop fatigué pour que tu puisses apparaitre ?
La tigresse souffla par ses narines, se tassant sur lui-même et secoua la tête.
- J’ai vu juste. Sans moi en forme, tu ne peux rien faire. Même si tu as voulu me tuer à plusieurs reprises, je ne veux pas perdre une partie de mon être. Quelle qu’elle soit. Mais si tu ne partages pas cet avis, autant me tuer tout de suite. Je ne compte pas te fuir toute ma vie.

Sans une once d’hésitation, elle s’élança. Totalement terrorisé par cette masse de griffes et de crocs qui lui fonçait dessus, Katarn n’en laissa néanmoins rien paraitre. Les poings serrés, la mâchoire fermée à lui en faire mal, il n’esquissa pas un geste. Droit comme un i, il attendit le choc sans sourciller. Malgré l’effroi que lui inspirait la tigresse, son totem après tout, il ne pouvait s’empêcher d’admirer sa beauté bestiale, sa soyeuse fourrure blanche trié de noir, recouvrant son corps tout de muscles et de nerf, ses pattes immenses aux griffes acérées, sa gueule pouvant être à l’occasion douce et maternelle ou rude et féroce, ses yeux d’un jaune doré scintillaient d’intelligence et ses canines, dépassant naturellement de ses babines, symbole de sa force et de son caractère impitoyable. S’il lui fallait mourir aujourd’hui, au moins il aurait l’honneur de l’être par un animal dont il aurait pu être son égal par le nom : le roi de la forêt profonde.

Elle s’élança et s’arrêta net à quelques millimètres de lui. Grondant, les crocs menaçant d’effleurer son nez. Il pouvait sentir son haleine, qui n’avait rien d’agréable, son souffle balayant son visage, faisant voleter ses cheveux en arrière. Il n’avait plus qu’une envie, fuir à toutes jambes, mettre le plus de distance possible entre lui et cette chose mortelle. Mais il n’en fit rien, il durcit son cœur et ses jambes pour qu’elles le soutiennent encore un peu, se raidit à la limite du possible et releva juste assez la tête pour plonger un regard déterminé dans celui de son totem.
Quelle étrange sensation que de fixer son regard dans le sien, dans un être totalement indépendant mais, qui au final est une partie intégrante de soi….


-Très bien petit elfe, j’accepte de n’être que la face invisible de ton être. Ne me fais pas regretter mon choix, car il se pourrait un jour que je vienne moi-même écourter tes jours. Je m’appelle Stelmaria, utilise moi comme bon te semble Katarn, mais n’oublie jamais que je ne suis pas un animal domestiqué, j’ai ma conscience propre.
Ne sachant que répondre, l’elfe sauvage se contenta d’hocher gravement la tête.
- Bien, grimpe sur mon dos. Je vais te conduire auprès des tiens, ils doivent te croire mort à présent. Je te préviens, je resterai juste assez pour montrer que tu es digne d’être le prochain roi, prend ça comme le remboursement des cinq jours de plus dans la forêt. Maintenant dépêche toi si tu veux vivre encore assez longtemps pour voir vivre ta progéniture.
- Merci….

C’est à dos de tigre qu’il passa le reste de la journée, parcourant la forêt du Rang’Shada d’une manière rapide et nouvelle. La tigresse évoluait par bond dans le domaine végétal et à la tombée de la nuit, il était chez lui.
Du monde s’était réuni sur la grande place pour féliciter les vivants et honorer les morts de l’épreuve. Stelmaria choisie d’arriver en douceur et Katarn soupçonna qu’elle s’amusait ainsi à voir tant d’elfe sauvage reculer et crier en voyant s’avancer, à la lueur des flambeaux, le prédateur le plus dangereux de la forêt et d’une taille démesurée. Katarn encore dans l’ombre sur le dos de son totem, avança enfin dans la lumière et sans crier gare, celle-ci disparu. Par chance le prince atterrit sur ses pieds sous les cris de surprises et de joies de l’assemblée. Mais l’elfe ne cherchait du regard que son père qui, impassible, s’avança vers lui et posa sa main sur son épaule :
« Bienvenue mon fils »



Partir pour mieux revenir :

Durant l’épreuve, l’invocation de Katarn s’était éveillée et il l’avait maîtrisée. Après les festivités et l’apposition de trois nouveaux tatouages sur son corps, son père l’envoya en Lomelindë, au pays des elfes ailés. Là-bas, il passa un an à étudier et à renforcer son lien avec son totem au Cénacle de Spéir. Puis il rejoint leur capitale, Tirion, pour parfaire ses connaissances et apprendre la bienséance de la royauté.

Lomelindë est un pays fort éloigné du Rang’shada, mais des liens unissent leurs deux peuples à travers les âges. Emportant avec lui le maitre tatoueur, celui-ci fit grâce de ses dons au nouveau roi Avariel comme le voulait la coutume. Ainsi, Katarn bénéficia d’une présence familière pendant un temps jusqu’à ce que vienne l’heure où l’artiste rentrera chez lui.
L’année au Cénacle passa relativement vite, sa maitrise envers Stelmaria était puissante tant qu’ils poursuivaient tout deux le même but.
Ses années d’études en revanche furent moins glorieuses. Katarn retomba vite dans son attitude flemmarde, l’apprentissage n’ayant jamais été son fort. Il se surprit plusieurs fois à rêvasser de sa bonne vieille forêt, de ses dangers et sa beauté indomptable. Loin de cette nature qu’il appréciait tant, il trouva du réconfort en trompant son ennuie dans des découvertes exotiques propres aux avariels. Dans ce royaume de calme et d’ordre, le dauphin sauvage se fit vite remarqué (et pas seulement à son avantage).
Durant cinq ans il visita les forges de verres où les souffleurs créent tant d’objets d’une beauté délicates. Il escalada les parois taillées du palais pour faire la course avec certains êtres ailés téméraires. Et surtout il goûta l’exotique béatitude que pouvait lui procurer la gente féminine aux ailes de soie.

C’est au cours de cette sixième année loin de chez lui qu’il reçut la visite inattendu d’un messager de son peuple. Un des hommes de la garde royale.

- Katarn, ton séjour chez le peuple Avariel est terminé, tu dois rentrer d’urgence !
- Ha ? Mon père se fait un plaisir de m’envoyer de l’autre côté du monde et maintenant il veut que je revienne au plus vite ? Qu’est-ce que ce vieux fourbe a encore trouvé pour perturber ma tranquillité ?
- Ton père, mon roi, est malade. Gravement malade Katarn. Les guérisseurs et la shaman n’arrivent pas à le guérir. Le mal qui le touche à peut-être aussi à voir avec…
- Laisse-moi rassembler mes affaires et soit près à partir dans une heure.
Jurant être ses dents, il fit volte face et se dirigea dans sa chambre. Une heure plus tard, ils étaient déjà en route, ayant préalablement fait leurs adieux au roi Nimàg Eläas. Le voyage dura une semaine, une semaine où Katarn ne dit pas un mot, aucun son ne sortit de sa bouche et le messager trouvant son comportement étrange n’insista pas.

- Nous y sommes. Allons tout de suite voir ton père Katarn.

Hochant simplement la tête, ils se dirigèrent vers la cahute qu’occupait Fanworn. C’est à ce moment la qu’ils rencontrèrent son oncle Elessar et sa cousine et shaman Ash. Le messager s’éloigna rapidement de quelques pas, laissant les laissant en famille devant la porte de la maisonnette.

- Te voilà enfin ! Katarn, ton père… Tu arrives trop tard. Il est mort… Lui annonça Ash, le regard baissé et triste.
- Ce vieux crouton buté. Même à la fin il ne m’aura pas laissé la joie de lui hurler en face toutes les horreurs que j’avais à lui dire. Répondit Katarn, impassible avec un léger sourire en coin. De quoi est-il mort Ash ?
- Katarn ! Ne parle pas ainsi alors que ton père vient de mourir ! Gronda son oncle.
- De quoi est-il mort Ash !? S’impatienta Katarn, ignorant complètement Elessar.
- L’utilisation de son totem pendant la guerre, ça a beaucoup réduit sa vie… Il y a moins d’un mois, il a attrapé une nouvelle maladie qui l’a affaibli très rapidement. Nous t’avons fait prévenir au plus vite mais… Je n’ai rien pu faire…
- Bien.
Sans un mot de plus il entra dans la cahute et récupéra le collier de son père, jetant à peine un coup d’œil à la dépouille du défunt. Une minute plus tard il ressortit. Il avança jusqu’à être dos à la cahute, dos aux derniers membres de sa famille.
- Faites les préparatifs pour la cérémonie funéraire et purifiez-moi cette maison, ce sera la mienne après tout. Prévenez le peuple que le roi est mort et envoyez des messagers dans chaque capitales elfiques. Son ton était neutre, teinté d’agacement. Faisant un geste lâche de la main en baillant, il ne prit pas la peine de se retourner. Je vais aller dormir, qu’on ne me dérange pas. En une semaine je n’ai presque pas dormis et tout ça pourquoi ? Pour que ce vieux sénile m’abandonne à son tour alors que je ne suis même pas majeur chez la plupart des autres peuples… Faites courir le bruit que l’héritier au trône sauvage est pressé de prendre ses fonctions.



Accession au trône :

Katarn n’a pas choisi sa fonction, il l’a embrassé à la mort de son père. Il n’a pas eu le choix, échoué c’était plonger le peuple sauvage dans le chaos pour designer un nouveau successeur (son oncle et sa cousine shaman, Ash, étant dans l’incapacité de devenir roi et reine) C’est donc pour l’honneur que le jeune elfe défendit sa cause lors du conseil royal. Et dans sa chance insolente, même le peuple maudit des drows vint ajouter son poids aux épreuves qu’il devait résoudre. Par la grâce d’Alcuynin, de De Danae et même Daewa, il en vint à bout et fut couronné roi à l’âge de 116 ans. A peine majeur pour son peuple et loin de l’être pour d’autres, il devait assumer tout ce qu’engageait son nouveau titre. Et c’est ce qu’il fit depuis sa capitale de Thumladen. S’ennuyant fermement lors de ses activités de paperasse et au conseil royal, il ne rêvait que d’arpenter sa forêt et découvrir ses mystères. Après tout il était le plus jeune elfe sacré roi depuis des temps immémoriaux. Son père et sa mère portés par le temps vers l’au-delà, c’est son oncle qui l’aida dans l’ombre et ce depuis 11 ans.



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Llyriëlle FaelivrinElfe Solaireavatar
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MessageKatarn ImladrissDim 30 Jan - 5:12
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